Ce qui n’était qu’une revendication historique et un espoir de longue date sous l’ancienne administration s’est enfin matérialisé. Reçus ce vendredi par le Président Romuald Wadagni, les représentants des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) ont quitté la rencontre le sourire aux lèvres, porteurs d’une nouvelle historique pour le système éducatif béninois.
Le gouvernement franchit un pas décisif pour la valorisation du corps enseignant. Voici le détail des mesures et des modalités retenues pour cette intégration historique.
I. 𝗟𝗲𝘀 𝗰𝗿𝗶𝘁𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗱’𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗴𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗿𝗲𝘁𝗲𝗻𝘂𝘀
Le socle fondamental de cette mesure repose sur le bénéfice de trois contrats successifs en qualité d’AME. Pour garantir une transition équitable et transparente, deux critères secondaires viennent encadrer le processus :
● 𝗨𝗻𝗲 𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗴𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗮𝗿 𝗽𝗿𝗼𝗺𝗼𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗽𝗮𝗿 𝘃𝗮𝗴𝘂𝗲 : La promotion de 2019 représentant à elle seule plus de 50 % de l’effectif global des AME, son traitement sera intégralement finalisé avant d’entamer les promotions suivantes.
● 𝗟𝗲 𝗰𝗿𝗶𝘁𝗲̀𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗮̂𝗴𝗲 : Alignée sur l’article 12 du Statut Général de la Fonction Publique (limite à 35 ans pour les catégories C/D et 40 ans pour les catégories A/B), cette mesure vise à garantir au plus grand nombre la durée minimale de cotisation de 15 ans nécessaire pour bénéficier d’une pension de retraite.
II. 𝗟𝗲𝘀 𝗺𝗼𝗱𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗱’𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗴𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻
Le gouvernement privilégie la simplicité et la sécurité professionnelle des enseignants à travers deux arbitrages majeurs :
● 𝗨𝗻 𝗿𝗲𝗰𝗿𝘂𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝗳 𝘀𝘂𝗿 𝘁𝗶𝘁𝗿𝗲 : L’option initiale du reversement (qui exigeait de passer un nouveau test d’évaluation) a été écartée. C’est un recrutement sur titre, fondé sur la qualification professionnelle déjà acquise sur le terrain, qui sera appliqué.
● 𝗨𝗻 𝘀𝘁𝗮𝘁𝘂𝘁 𝗱’𝗔𝗖𝗗𝗣𝗖𝗧𝗗 𝗮𝗱𝗮𝗽𝘁𝗲́ : Les enseignants seront intégrés sous le statut d’Agent Contractuel de Droit Public des Collectivités Territoriales Décentralisées (ACDPCTD).
Ce choix de statut offre des avantages concrets :
● 𝗦𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹𝗲 : Une affiliation immédiate à la CNSS (où les AME cotisent déjà), évitant tout blocage administratif futur.
● 𝗚𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗰𝗮𝗿𝗿𝗶𝗲̀𝗿𝗲 : Une co-tutelle fluide entre les Ministères en charge de l’enseignement et les Collectivités Territoriales.
● 𝗜𝗻𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲̀𝗿𝗲 : Un accès grandement facilité aux crédits bancaires et aux services financiers pour concrétiser leurs projets personnels.
III. 𝗨𝗻𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲́𝗹𝗮𝗿𝗴𝗶𝗲 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝘃𝗲
Cette avancée historique s’est opérée au cours d’une séance de travail de haut niveau, témoignant de la volonté d’un dialogue social apaisé et constructif. Outre le Chef de l’État, la rencontre s’est tenue en présence de trois ministres clés du gouvernement , du Ministre du budget et de la Fonction publique,du Ministre de l’enseignement secondaire et du ministre de l’enseignement supérieur et des représentants des faîtières des AME.
Pour sceller ce pacte de confiance, les centrales syndicales les plus représentatives du pays ont également pris une part active aux échanges. Les représentants de la COSI-Bénin, de la CSA-Bénin et de la CSTB ont salué d’une seule voix cette décision majeure qui vient restaurer la dignité des acteurs du système éducatif.
Un tournant décisif où la précarité s’efface enfin au profit de la dignité et de la stabilité pour des milliers d’enseignants.




















