L’audience du vendredi 3 juillet 2026 dans l’affaire Pierre Urbain Dangnivo a marqué un tournant avant les réquisitions et plaidoiries prévues le 8 juillet. Témoignages, nouvelles accusations et demandes de remise en liberté ont ravivé les débats autour de ce dossier vieux de près de seize ans.
1. Une nouvelle piste avec le nom d’Isidore Akon
Entendu à la demande de la défense, l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon, a affirmé qu’un informateur de confiance lui avait désigné Isidore Akon comme l’auteur présumé du meurtre de Pierre Urbain Dangnivo. Selon lui, ces informations avaient été transmises à sa hiérarchie, mais cette piste n’aurait jamais été sérieusement exploitée.
2. Houndégnon dénonce une enquête influencée par la politique
L’ancien patron de la Police estime que « la politique a pris le dessus sur la vérité ». D’après les confidences de son informateur, Dangnivo aurait été tué après avoir résisté au vol des clés des bureaux du Trésor public qu’il détenait. Il affirme également qu’une personne encore en vie pourrait permettre de retrouver Isidore Akon.
3. Alofa et Amoussou maintiennent leur défense
Les deux accusés ont une nouvelle fois rejeté toute implication. Donatien Amoussou affirme être détenu à tort depuis seize ans et évoque une supposée mise en scène autour du téléphone de Dangnivo. Codjo Alofa, lui, conteste avoir indiqué l’emplacement du corps retrouvé à Womey et accuse un ancien commissaire de lui avoir demandé d’incriminer Amoussou.
4. Les zones d’ombre persistent sur l’exhumation
Le contrôleur général de police à la retraite Prince Aledji a livré sa version des faits concernant l’exhumation réalisée à Womey. Il a reconnu qu’aucune analyse des cendres retrouvées sur les lieux n’avait été effectuée, un élément qui continue d’alimenter les contradictions entre les différents témoignages.
5. Une audience décisive attendue le 8 juillet
La défense a demandé la remise en liberté de Codjo Alofa et Donatien Amoussou, invoquant la durée de leur détention. Le ministère public estime, de son côté, que le dossier est suffisamment instruit pour être jugé. Le tribunal a renvoyé l’affaire au mercredi 8 juillet 2026 pour les réquisitions, les plaidoiries et l’examen final du dossier, avant une décision attendue dans cette affaire emblématique.













