À l’occasion de la fête internationale des travailleurs célébrée le 1er mai, le Syndicat National des Enseignants du Secondaire Technique et de la Formation Professionnelle du Bénin a rendu publique une déclaration officielle. Ce communiqué revient sur les réalités du monde du travail au Bénin et exprime les attentes des enseignants du secondaire technique et de la formation professionnelle. Nous vous proposons ci-dessous l’intégralité du communiqué.
N°003/SG/SA-26DECLARATION DU SYNDICAT NATIONAL DES ENSEIGNANTS DU SECONDAIRE TECHNIQUE ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE DU BÉNIN (SNESTFP-BENIN) A L’OCCASION DE LA FETE DES TRAVAILLEURS CE 1ER MAI 2026–
Camarades travailleuses et travailleurs des différents secteurs d’activité ;
Camarades enseignantes et enseignants des divers ordres du secteur de l’éducation;
Camarades militantes, militants et sympathisants du SNESTFP-BENIN ;
La journée du 1er mai dédiée aux travailleurs du monde entier ne peut passer inaperçue. Il s’agit d’une journée où les travailleurs, à travers diverses activités, rappellent aux employeurs, les difficultés liées à leurs conditions de vie et de travail afin que des mesures d’amélioration soient prises.
Au Bénin, l’heure est au bilan, après les dix (10) ans du régime de la rupture.
Parlant de bilan, on retient essentiellement que certaines réformes entreprises par le régime de la rupture au plan de la législation sociale ont défavorisé les travailleurs et ont mis le mouvement syndical en difficulté.
Avec les différentes lois qui ont réduit considérablement la marge de manœuvre des Organisations Syndicales, on devrait normalement s’attendre à un dialogue régulier, sincère et productif au profit des travailleurs. Malheureusement, le dialogue social est presque inexistant depuis quelques années.
Si les représentants des Organisations Syndicales des Travailleurs ont, à un moment donné, refusé de participer à la cérémonie de remise de cahiers de doléances au gouvernement de la rupture dans le cadre de la commémoration du 1er mai, c’est parce qu’ils ont constaté que lesdits cahiers sont simplement rangés dans les placards ou jetés dans la poubelle.
Malgré les actions positives du régime dans plusieurs domaines, on retient que l’humain n’a pas été au coeur des réformes, notamment au plan social.
Avec l’élection du nouveau Président de la République qui a été un maillon important du régime de la rupture, les travailleurs veulent bien espérer un changement. Ils espèrent un changement parce que le nouveau Président de la République connait déjà les problèmes. Les travailleurs espèrent un changement majeur parce que le nouveau Président de la République a, dans le projet de société sur la base duquel il est élu, promis de privilégier le dialogue en vue de faciliter les échanges qui vont permettre de trouver les solutions appropriées aux problèmes des travailleurs.
Ce n’est pas le lieu d’étaler à nouveau les nombreuses préoccupations des enseignants des différents sous-secteurs et celles spécifiques au sous-secteur des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. Toutefois, nous tenons à rappeler aux autorités gouvernementales, celles en charge de la gestion de la carrière des enseignants ainsi que les nouvelles autorités qui vont prendre en main la destinée de notre pays après l’investiture du nouveau Président de la République qu’une gestion efficace de la carrière des enseignants est source de motivation et contribue à l’amélioration de la qualité de l’offre éducative. Toutes les catégories d’enseignants ont des problèmes. Faire la sourde oreille face à leurs difficultés constitue une manière de les démotiver davantage et de détruire l’école publique.
Il nous plaît de rappeler quelques préoccupations majeures qui doivent constituer une priorité pour le nouveau Président élu et son gouvernement. Il s’agit de:régler la situation relative au blocage de tous les agents de l’État à l’échelon 11 et prendre des actes subséquents pour permettre aux ayants-droits, même admis à la retraite, de bénéficier des avantages financiers liés à l’échelon 12; revenir à l’ancien mode de calcul de la pension de retraite qui arrange les pensionnés;revaloriser les salaires de tous les agents de l’État encore en fonction ainsi que les pensions de retraite, en agissant sur la valeur indiciaire. Cette mesure est urgente en ces moments où la vie devient de plus en plus chère et le pouvoir d’achat des travailleurs s’affaiblit davantage;faire des AME, des Agents Contractuels de Droit Public de l’État, même si on ne veut pas designer le processus qui va y conduire par le mot « reversement »;mettre en formation les Professeurs Adjoints des différentes promotions en attente en vue l’obtention du CAPES et du CAPET respectivement.
Pour finir, nous tenons à lancer un appel aux militants et aux leaders syndicaux.
Au BÉNIN, la plupart des luttes syndicales menées par les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire à travers les grands regroupements de syndicats de base ont connu du succès. Mais, depuis le vote des lois qui ont réduit la marge de manœuvre des Organisations Syndicales des Travailleurs, les enseignants ne se sont plus véritablement organisés pour revendiquer leurs droits.
Nous parlons beaucoup mais agissons peu. Nous nous plaignons toujours face à nos nombreux problèmes mais les décideurs ne sont souvent pas prêts à nous apporter les solutions appropriées. Nous n’avons, pour le moment, aucune assurance de voir les choses changer comme nous l’aurions souhaité. Il est donc temps que nous nous organisions pour agir.
Dans cette perspective, nous demandons aux travailleurs, notamment à ceux du secteur de l’éducation de rester mobilisés.
Quant aux leaders syndicaux du secteur de l’éducation, ils doivent se retrouver, inventorier les problèmes et mettre en place un regroupement syndical fort dont les dirigeants doivent être ceux qui bénéficient encore plus ou moins de la confiance des militants à la base.
Notre appel est donc un appel à la lutte qui nécessite des étapes que nous devons commencer à franchir ensemble dès maintenant.
C’est par cet appel à la lutte que nous mettons un terme à cette déclaration en souhaitant une fois encore une bonne fête du travail à toutes et à tous.
VIVE LES TRAVAILLEURS DU BÉNIN ! VIVE LES ENSEIGNANTS ! VIVE LE MOUVEMENT SYNDICAL ! VIVE LE SNESTFP-BENIN !
Fait à Cotonou, le 1er mai 2026
Pour le BDN/SNESTFP-BENIN Le Secrétaire Général
✍️ Alexandre ADJINAN.













