L’Autorité nationale des élections (ANE) a rendu publics, dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 janvier 2026, les résultats provisoires de l’élection présidentielle organisée le 28 décembre 2025 en Centrafrique. Selon ces chiffres, le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, arrive largement en tête et serait réélu dès le premier tour du scrutin.
Les résultats ont été proclamés par le président de l’ANE, Mathias Morouba, après la compilation de 84,39 % des bureaux de vote. Faustin-Archange Touadéra est crédité de 76,15 % des suffrages exprimés. Le taux de participation est évalué à 52,42 %, d’après les données communiquées par l’organe électoral. Dans le camp présidentiel, ces chiffres sont présentés comme la confirmation d’un large soutien populaire.
Derrière le chef de l’État sortant, Anicet-Georges Dologuélé arrive en deuxième position avec 14,66 % des voix. L’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra se classe troisième, avec 3,19 %. Les autres candidats obtiennent des scores plus faibles : Marcelin Yalemende recueille 2,13 %, Serge Djorie 1,87 %, Eddy Kparekouti 1,04 % et Aristide Briand Reboas 0,95 %.
La publication de ces résultats provisoires intervient toutefois dans un contexte politique tendu. Plusieurs candidats de l’opposition avaient, avant même l’annonce officielle, exprimé leurs réserves sur la crédibilité du processus électoral. Ils dénoncent des dysfonctionnements observés lors du déroulement du scrutin et remettent en cause la transparence de l’organisation.
Anicet-Georges Dologuélé évoque notamment un conflit d’intérêts qu’il juge préoccupant entre une haute responsable de l’ANE et l’équipe de campagne du président sortant. Il affirme que de nombreuses anomalies auraient affecté la sincérité du vote et soutient que les résultats proclamés ne refléteraient pas la volonté réelle des électeurs.
De son côté, Henri-Marie Dondra a adopté une position encore plus ferme. Quelques heures avant la publication des chiffres, il a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a appelé à l’annulation pure et simple de l’élection présidentielle. Il réclame également la dissolution de l’ANE, estimant que l’institution n’est pas en mesure d’organiser des élections libres, transparentes et inclusives.
Tout en affirmant rester attaché au respect des lois et des institutions républicaines, le parti Unir, dirigé par Henri-Marie Dondra, annonce son intention de saisir le Conseil constitutionnel afin de contester les irrégularités relevées au cours du processus électoral. Il recommande également une réforme en profondeur du système électoral.
Les résultats définitifs de l’élection présidentielle sont attendus le 20 janvier prochain, après l’examen des recours par le Conseil constitutionnel, seule instance habilitée à valider ou invalider le scrutin.














