Le Parti Les Démocrates a réagi officiellement à la décision rendue le lundi 13 octobre 2025 par la Cour d’appel de Cotonou, qui a ordonné au tribunal de première instance de première classe de faire restituer au député Michel François Oloutoyé Sodjinou les fiches de parrainage retirées à l’ancien chef de l’État, Boni Yayi. Cette ordonnance, saluée par certains observateurs comme une victoire de la justice ordinaire, est jugée par le parti contraire à la Constitution.
Dans un communiqué signé du Secrétaire national à la communication, Dr Guy Dossou Mitokpè, Les Démocrates rappellent que, selon la Loi fondamentale, la compétence en matière de contentieux électoral, notamment pour l’élection présidentielle, relève exclusivement de la Cour constitutionnelle. Le parti estime ainsi que les litiges relatifs aux actes préparatoires du scrutin, comme la délivrance ou le retrait de fiches de parrainage, ne peuvent être tranchés par une juridiction de l’ordre judiciaire.
Réunis au siège national du parti à Fifadji, les responsables du parti Les Démocrates ont animé une conférence de presse consacrée à la situation née du retrait controversé du parrainage de l’un de leurs députés, Michel Sodjinou. Face aux médias, le parti d’opposition a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de tentative orchestrée de déstabilisation à la veille de la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle de 2026.
Dans une déclaration solennelle, les dirigeants du parti ont rappelé les dispositions du nouvel article 132 du code électoral, qui impose à tout candidat à la présidence de la République de recueillir 15% de parrainages parmi les maires et députés, soit 28 élus. Selon eux, cette disposition, relevée de 10 à 15%, viserait directement à restreindre la participation de leur formation à la compétition électorale.
Mais malgré ces précautions, les responsables du parti affirment avoir été surpris, le lundi 13 octobre 2025, d’apprendre que le député Michel Sodjinou aurait mandaté un huissier pour notifier un acte au président du parti, Thomas Boni Yayi. Selon leur version, le clerc de justice se serait présenté au domicile de l’ancien chef de l’État pour y déposer l’acte, avant d’informer qu’une audience était ouverte le même jour au tribunal de première instance de Cotonou.
Le parti dit s’interroger sur la célérité inhabituelle avec laquelle la juridiction a traité le dossier, et conteste la compétence du tribunal dans cette affaire. Le modus operandi, concocté de concert avec le pouvoir, vise à confisquer un parrainage et à entraver la participation du parti à la présidentielle, soutient la déclaration lue à la presse.
Les Démocrates estiment que l’attitude du député Sodjinou, qu’ils qualifient désormais d’instrument du pouvoir, s’inscrit dans un plan visant à affaiblir le leadership de Boni Yayi et à transformer leur formation en un parti docile.
Le parti rejette par conséquent le verdict du tribunal et affirme maintenir la validité de ses 28 parrainages.
Par ailleurs, Les Démocrates annoncent la présentation officielle de leur duo de candidature, soutenu par vingt-huit parrainages, en conformité avec la législation en vigueur.
En conclusion, le parti a réaffirmé sa détermination à présenter un duo de candidats à la présidentielle d’avril 2026, tout en appelant ses militants à la sérénité et à la vigilance. Le pouvoir appartient au peuple. Il lui revient désormais de savoir comment l’exprimer, a déclaré la direction du parti.
Le parti réaffirme enfin son attachement à l’État de droit, au respect de la Constitution et à l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives.














