Ce qui paraissait au départ comme une simple affaire d’arnaque sentimentale s’est révélé être une opération criminelle de grande envergure. L’affaire qui avait secoué la localité de Godomey, où une femme avait été accusée par près de trente hommes de les avoir drogués pour leur voler leurs motos, a connu un nouveau rebondissement majeur. L’enquête de la police a permis de démanteler tout un réseau structuré, actif entre plusieurs communes du sud Bénin.
L’arrestation du cerveau du réseau et de ses complices
Placée sous mandat de dépôt depuis le 10 septembre 2025, la suspecte principale, connue sous les initiales K. P., était déjà au cœur de nombreuses plaintes. Selon les premières dépositions, elle aurait gagné la confiance de ses victimes tous des hommes par un jeu de séduction bien rôdé, avant de leur administrer des substances chimiques pour les plonger dans un état second. Le lendemain, ils se réveillaient, délestés de leurs engins et effets personnels.
Mais le plus important restait à faire : démanteler toute la chaîne derrière elle. Et c’est ce à quoi se sont attelés les enquêteurs du commissariat de Godomey. Le 21 septembre, soit onze jours après l’arrestation de la femme, les policiers sont parvenus à retrouver et interpeller son principal complice, un homme identifié sous les initiales C. T. L’interrogatoire de ce dernier a ouvert la voie à de nouvelles arrestations, notamment celles de trois receleurs basés à Pahou et Allada.
Au total, cinq membres présumés du réseau ont été arrêtés. Ils seraient liés à une série de vols dans plusieurs localités, et leur mode opératoire suggère une organisation minutieuse, rôdée, avec des rôles bien définis : appât, transporteur, receleur.
Un butin impressionnant saisi lors des perquisitions
Les perquisitions menées dans les domiciles et caches des suspects ont révélé l’ampleur des activités criminelles du groupe. Au-delà des motos volées cinq en tout, avec deux tricycles les agents ont saisi des véhicules, des sommes d’argent importantes, des batteries de voiture, des casques, et une liste d’objets électroménagers et informatiques, incluant téléviseurs, ordinateurs, réfrigérateurs et générateurs. Certaines pièces, comme les plaques d’immatriculation et les substances chimiques utilisées pour droguer les victimes, constituent des preuves irréfutables du mode opératoire.
Cette affaire, qui avait choqué par la particularité de son point de départ un prétendu flirt qui tourne au piège a rapidement pris des proportions inattendues. En tout, trente-trois victimes se sont officiellement présentées au commissariat pour porter plainte contre la même femme. Toutes l’ont reconnue sans hésitation. Leur témoignage a été déterminant pour faire avancer l’enquête.
Le travail des forces de l’ordre, salué par les populations locales, démontre une fois de plus la nécessité d’un suivi rigoureux dans les affaires dites « mineures ». Ce qui pouvait passer pour une escroquerie isolée cachait en réalité une organisation criminelle bien implantée. Grâce à leur ténacité, les policiers ont su remonter la filière et porter un coup dur à ce réseau.














