À la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, le ministère public a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 10 millions de francs CFA à l’encontre de Julien Kandé Kansou.
Poursuivi pour « harcèlement par le biais d’une communication électronique » et « incitation à la rébellion », l’opposant, membre du parti Les Démocrates, est accusé d’avoir diffusé sur ses réseaux sociaux des publications jugées offensantes à l’égard de certaines personnalités publiques.
Lors de l’audience, le représentant du parquet a demandé à la Cour de le déclarer coupable des faits qui lui sont reprochés. Après les réquisitions et les plaidoiries des avocats, la parole a été donnée au prévenu.
Dans sa déclaration, Julien Kandé Kansou a sollicité la clémence de la juridiction pour deux raisons principales. Il a d’abord évoqué ses enfants, exprimant son souhait de pouvoir les retrouver afin d’assurer leur encadrement et leur protection. Il a également indiqué vouloir recouvrer sa liberté pour poursuivre la préparation de sa thèse de doctorat.
Le verdict est attendu pour le 21 avril 2026.
Interpellé à la suite de plusieurs publications en ligne, le prévenu a notamment été interrogé sur une vidéo dans laquelle il évoquait une « révolution électorale ». Il a expliqué qu’il s’agissait d’un appel à une forte mobilisation des électeurs lors des prochaines échéances électorales, soulignant le faible taux de participation observé lors des précédents scrutins.
Concernant l’expression « magie électorale », il a précisé qu’elle faisait référence à la volonté de son camp de veiller à la transparence du vote afin d’éviter toute fraude.
Au cours des débats, la Cour a également présenté d’autres extraits de ses publications. Dans l’un d’eux, il s’interrogeait sur un « ministre qui est premier partout », suscitant des questions du juge quant à l’identité de la personne visée. Le prévenu a répondu qu’il s’exprimait en tant que poète, utilisant des formulations imagées sans viser explicitement une personne en particulier.
Par ailleurs, il a évoqué la figure d’un « homme du monopole », qu’il décrit comme influent dans plusieurs secteurs économiques du pays, notamment le coton, le soja, le port, le cajou et l’hôtellerie. Interrogé sur l’identité de cet individu, Julien Kandé Kansou a maintenu qu’aucun nom n’avait été mentionné dans ses propos. Il a toutefois déclaré que toute personne se sentant visée pouvait le lui signaler afin qu’il présente ses excuses.




















