Au lendemain de la décision de la Cour constitutionnelle confirmant le rejet de sa candidature à la présidentielle de 2026, Me Renaud Agbodjo a brisé le silence. Mardi 28 octobre 2025, depuis son cabinet à Cotonou, le juriste et figure montante de la jeunesse au sein du parti Les Démocrates a exprimé sa profonde déception et annoncé son retrait temporaire de la scène politique nationale.
Un pas de recul pour se ressourcer
« Je pense, après moult réflexions, qu’il est peut-être temps de faire une pause », a déclaré Me Agbodjo, visiblement marqué par les événements. Le candidat recalé souhaite désormais se consacrer davantage à sa famille, à son cabinet d’avocats et à ses proches. Une décision qu’il qualifie d’extrêmement difficile, mais longuement mûrie.
Le coup de grâce de la Cour constitutionnelle
Ce retrait fait directement suite à la décision de la haute juridiction qui a rejeté, lundi 27 octobre, les recours déposés par le candidat et d’autres membres du parti contre la CENA. En cause : le refus de validation du duo formé par Renaud Agbodjo et Jude Lodjou pour représenter Les Démocrates à la présidentielle.
Dans une déclaration empreinte d’émotion, l’avocat a reconnu la légalité de la décision, tout en dénonçant fermement les circonstances qui y ont mené. « C’est une décision malheureuse et dommageable, car j’ai été victime de dysfonctionnements internes à mon parti politique et d’une adversité globale », a-t-il affirmé. Attaché aux principes du droit et à la stabilité du pays, il a néanmoins pris acte de la décision : « En tant que praticien du droit et attaché à la légalité, je suis bien obligé, malgré moi, de m’incliner devant la Cour constitutionnelle. »
Un soutien populaire qui restera gravé
Le jeune avocat s’est également remémoré avec émotion la ferveur populaire qui avait accompagné sa désignation par Les Démocrates. « J’ai été particulièrement marqué par toute la liesse populaire que ma désignation a suscitée. Je vous en suis infiniment reconnaissant », a-t-il confié à ses partisans et aux Béninois qui voyaient en lui une alternative générationnelle porteuse d’espoir.
Des tensions internes fatales
Tout en rendant hommage au président du parti, Boni Yayi, pour la confiance qui lui a été accordée, Me Agbodjo n’a pas esquivé les tensions internes qui ont fragilisé sa candidature. « Nous connaissons tous les raisons internes au parti qui ont eu pour corollaire le rejet de ma candidature par la CENA », a-t-il déclaré, laissant transparaître une amertume contenue.
La candidature du duo a en effet été rejetée pour défaut de parrainage. Le député Michel Sodjinou, parrain initial, a fait annuler par ordonnance du tribunal de Cotonou, le lundi 13 octobre, sa fiche de parrainage précédemment remise au président Boni Yayi. Résultat : le duo a déposé son dossier avec seulement 27 fiches de parrainage valides au lieu des 28 requises, scellant ainsi le sort de cette candidature.
Un appel au calme et à la préservation de la paix
Dans un ton apaisé malgré la déception, Renaud Agbodjo a lancé un appel solennel à ses partisans. « J’invite le peuple béninois à ne poser aucun acte de violence ou de représailles afin de préserver la paix sociale et la concorde », a-t-il exhorté. Pour lui, le dialogue et la paix civile doivent primer sur toute autre considération. Cette page douloureuse fait désormais partie de « notre histoire commune », mais elle doit servir de réflexion sur le fonctionnement démocratique du Bénin.




















