Eric Houndeté, premier vice-président du parti « Les Démocrates », et Joël Godonou, député du même parti, ont saisi la Cour constitutionnelle pour dénoncer leur mise à l’écart présumée de la course à la présidentielle de 2026, rapporte le journal Banouto.
Un conflit interne sur les candidatures
Les deux élus ont manifesté leur intention de briguer la magistrature suprême sous la bannière des « Démocrates », le parti d’opposition dirigé par l’ancien président Boni Yayi. Toutefois, ils ont constaté que des débats internes au parti semblaient viser à écarter les députés titulaires du droit de parrainer de la candidature présidentielle.
Eric Houndeté et Joël Godonou dénoncent des manœuvres discriminatoires fondées sur leur statut de députés, estimant que cette exclusion viole leurs droits constitutionnels d’être candidats et le principe d’égalité d’accès aux fonctions publiques.
La question de l’auto-parrainage au cœur du débat
Le nœud du contentieux porte sur l’interprétation du code électoral béninois. Selon la législation en vigueur, tout duo de candidats doit recueillir le soutien d’au moins 15% des députés et maires en exercice, soit 28 parrains sur 186 élus.
Les deux parlementaires reprochent à leur parti d’invoquer des craintes sur l’auto-parrainage pour justifier leur éviction. Ils arguent que la loi reste silencieuse sur la question de savoir si un député candidat peut se compter parmi ses propres parrains.
Les requérants soutiennent qu’aucune disposition légale n’interdit explicitement cette pratique. Ils citent notamment l’exemple de Mariam Chabi Talata, qui s’était auto-parrainée en 2021 alors qu’elle était députée. Ils rappellent également une déclaration du directeur général des élections de la CENA, lors d’une séance de travail du 20 août 2025, estimant que « si l’on peut voter pour soi-même, on peut aussi se parrainer ».
Les demandes à la Cour constitutionnelle
Dans leur recours, Eric Houndeté et Joël Godonou demandent à la Haute juridiction de constater que leur parti méconnaît la Constitution en les écartant et porte atteinte à l’exercice de leurs droits constitutionnels.
Ils sollicitent que la Cour ordonne au parti « Les Démocrates » de ne pas rejeter les candidatures des députés à la présidentielle de 2026 au motif qu’ils sont titulaires du droit de parrainage.
Cette affaire, révélée par le journal Banouto, soulève des questions cruciales sur l’interprétation du code électoral et pourrait avoir des implications importantes pour la course à la présidentielle de 2026 au Bénin.




















