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Entre vérités et confidences : Patrice Talon vide son sac sur Boni Yayi

Dans un entretien télévisé accordé mardi 4 novembre 2025, le président Patrice Talon est revenu sur ses divergences politiques avec son prédécesseur Boni Yayi et sur la situation du parti Les Démocrates face à la présidentielle d’avril 2026.

Le président de la République a abordé la question des tensions politiques qui marquent le paysage béninois. Évoquant son prédécesseur qu’il qualifie de « mon ami, mon grand frère », il a déclaré que cette « guéguerre est en train de pourrir l’environnement politique au Bénin, même l’environnement social, en train de pourrir la paix et la concorde ».

Le chef de l’État a exprimé le souhait que les deux hommes, une fois retirés de la vie politique active, puissent « se retrouver dans un conseil de sages pour donner des conseils et faire des arbitrages ».

Les origines du climat politique actuel

Selon Patrice Talon, le climat politique béninois actuel trouve ses racines bien avant la réforme du système partisan. Le président reconnaît que « la dynamique électorale » du pays est affectée par les difficultés de certains partis à satisfaire aux exigences du code électoral, tout en défendant la réforme du système partisan.

Face aux critiques concernant l’exclusion possible de Les Démocrates, principal parti de l’opposition dirigé par Boni Yayi, de la présidentielle d’avril 2026, le chef d’État s’est interrogé sur ce qu’il faut dire pour ne pas être « condamné ». Il a réfuté l’idée qu’il chercherait à faire disparaître l’opposition au Bénin.

« Je n’ai jamais dit que tout le monde doit aller à l’UPR ou au BR. Ce que j’ai dit, c’est simplement que les élus discutent. Les Démocrates doivent discuter avec l’UPR et le BR, discuter pour des fins de déclaration d’intention d’alliance, même si l’amour ne se consomme pas après », a-t-il expliqué.

Il a affirmé n’avoir aucun intérêt à marginaliser l’opposition, rappelant que la démocratie béninoise se nourrit du pluralisme et du dialogue.

Retour sur les législatives de 2019

Le président a présenté sa version des événements qui ont marqué la relation entre les deux hommes depuis 2016. Concernant son prédécesseur, il a déclaré : « Le président Boni Yayi s’emploie avec beaucoup d’énergie à faire échec à toutes les réformes, quelles qu’elles soient, et à l’action publique, quel que soit le secteur ».

Sur les législatives de 2019, Patrice Talon a expliqué que les blocages électoraux de l’époque n’étaient pas dus, selon lui, à une rigidité du code, mais à une opposition du camp Boni Yayi. Il a rappelé avoir convoqué l’ensemble des partis représentés au Parlement pour trouver un consensus sur les textes électoraux.

« Ce consensus a été signé par tous, y compris les représentants de l’opposition, avant que le président Yayi ne leur ordonne de le désavouer », a-t-il indiqué. Selon sa lecture des faits, ce refus aurait directement conduit à la non-participation de l’opposition et de certains partis de la mouvance aux législatives de 2019. La situation avait engendré des violences dans certaines villes du pays, dont les événements de Cadjèhoun.

« Ce qui s’est passé en 2019, c’est le président Boni Yayi qui en a été le seul responsable. Il a empêché la tenue normale des élections », a-t-il affirmé, précisant avoir fait preuve de retenue sur le sujet.

Patrice Talon dit avoir multiplié, pour les différentes séquences politiques depuis 2016, les gestes d’apaisement pour maintenir l’unité politique nationale. « Je n’ai pas arrêté de faire le charme aux uns et aux autres, de les amadouer, de les supplier même de venir prendre le train en marche », a-t-il déclaré.

Le vote du budget 2025

Le président a également mentionné le rejet du budget de l’État 2025 par les députés de Les Démocrates, malgré la prise en compte de leurs amendements et recommandations. « Le ministre des Finances a pris en compte la quasi-totalité de leurs observations. Et au moment du vote, ils ont fait exactement le contraire de ce qu’ils avaient souhaité », a-t-il rapporté.

Le chef de l’État y voit une opposition systématique. « On a l’impression que la compétition politique se résume à une adversité éternelle », a-t-il déclaré, ajoutant qu’on ne peut construire un pays « quand on a l’impression qu’il y a une partie du pays contre l’autre ».

Appel à l’apaisement

À moins de sept mois de la fin de son mandat, Patrice Talon plaide pour un sursaut collectif. Il estime que les divisions politiques ne reposent sur aucune différence idéologique fondamentale et qu’il serait « regrettable » qu’il ne fasse rien pour que les choses changent avant son départ de la Marina.

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