Le député Michel Sodjinou a livré dimanche sa version des faits dans l’affaire du parrainage qui secoue le parti Les Démocrates, réfutant catégoriquement toute entente avec le président Patrice Talon.
Un refus assumé malgré les pressions
Dans sa deuxième déclaration publique sur cette affaire sensible, l’élu parlementaire maintient sa position et assume pleinement son choix de ne pas accorder son parrainage au candidat désigné par son parti, Me Renaud Agbodjo, pour la présidentielle de 2026.
Face aux soupçons de collusion avec le pouvoir en place, Michel Sodjinou s’est montré ferme : « Je n’ai jamais rencontré Patrice Talon si ce n’est dans les manifestations officielles ». Le député qualifie ces accusations d' »insinuations ridicules » et les attribue à un « déni de responsabilité » de certains dirigeants du parti qui refuseraient de reconnaître leurs erreurs internes.
Des critiques virulentes contre la direction du parti
Le cœur de la contestation de Michel Sodjinou porte sur les méthodes de gouvernance au sein des Démocrates. Il dénonce des « logiques exclusionnistes » et des « méthodes de gouvernance rétrogrades » qu’il impute à l’ancien président Boni Yayi, chef du parti.
Selon lui, la désignation de Me Renaud Agbodjo ne repose sur « aucun critère objectif de mérite ou de consultation réelle », mais résulterait plutôt d’un processus « téléguidé » dominé par des considérations familiales. Le député accuse Boni Yayi d’avoir imposé des choix sans véritable concertation.
Un choix sans regret
Loin de revenir sur sa décision, Michel Sodjinou exprime sa satisfaction : « Avec le recul et l’évidence de ces manœuvres, tout ceci me conforte dans ma position. Je suis davantage convaincu et j’en ai grâce à Dieu d’avoir fait le choix juste en n’accordant pas mon parrainage ».
L’élu s’est également dit surpris par les propos de Me Renaud Agbodjo qui aurait insinué qu’il serait introuvable, dénonçant une « méprise sur la vérité des faits » alors qu’il continuait de vaquer à ses occupations habituelles.
Un feuilleton juridique en cours
Cette affaire a pris une tournure judiciaire complexe. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a invalidé le 14 octobre la fiche de parrainage du député, suite à une ordonnance du tribunal de première instance de Cotonou rendue la veille à sa demande.
En réaction, Boni Yayi et la direction des Démocrates ont saisi la Cour constitutionnelle contre cette décision. L’instance suprême doit examiner ce recours aujourd’hui, lundi 20 octobre 2025, dans un dossier qui pourrait avoir des implications importantes pour la candidature du parti à la présidentielle de 2026.
Cette crise interne révèle les tensions profondes qui traversent Les Démocrates à quelques mois d’une échéance électorale cruciale pour l’opposition béninoise.



















Un commentaire
L’opposition va comprendre que ce n’est pas la mouvance le problème