RIO DE JANEIRO – Le Brésil vient de connaître l’intervention policière la plus meurtrière de son histoire. Mardi 28 octobre, une vaste opération menée contre le narcotrafic dans les favelas de Rio de Janeiro a fait au moins 119 morts, dont quatre policiers, plongeant le pays dans la stupeur à quelques jours de la COP30.
Un bilan dramatique qui ne cesse de s’alourdir
Les forces de l’ordre ont mené un raid d’envergure contre le Comando Vermelho, le principal groupe criminel de Rio qui opère dans les favelas. L’opération a visé le Complexo da Penha et le Complexo do Alemao, vastes ensembles de favelas situés dans le nord de la ville.
Selon les autorités de Rio, le bilan provisoire fait état de 115 criminels présumés tués et quatre policiers morts. Mercredi, des scènes déchirantes se sont déroulées lorsque des habitants ont récupéré des dizaines de dépouilles dans une forêt au sommet de la favela, les disposant près de l’une des principales voies d’accès au Complexo da Penha.
Des témoignages accablants
Sur place, des journalistes de l’AFP ont constaté l’horreur de la situation : l’odeur de la mort était étouffante, le cadavre d’un homme décapité et un autre totalement défiguré ont été aperçus. Certains habitants, entre sanglots et colère, ont dénoncé des « exécutions ».
Lula exprime sa stupéfaction
Le président Luiz Inácio Lula da Silva s’est dit « sidéré » par ce bilan tragique. Cette opération intervient à un moment particulièrement sensible pour le Brésil, qui s’apprête à accueillir le monde entier à Belém en Amazonie pour la COP30, la conférence climat de l’ONU.
Un rappel brutal des réalités brésiliennes
Ces raids meurtriers rappellent brutalement la puissance du crime organisé au Brésil et soulèvent de nombreuses questions sur les méthodes employées par les forces de police. L’ampleur de cette tragédie interroge sur la stratégie de lutte contre le narcotrafic dans les favelas, où violence et pauvreté continuent de faire des ravages.
Les autorités n’ont pas encore communiqué sur les suites qui seront données à cette opération ni sur d’éventuelles enquêtes sur les circonstances précises de ces décès.














